THE GREAT HE-GOAT

Les dates

  • Grande salle
    1000 Bruxelles
    Bruxelles
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Information

Dix gardien·nes de musée, enfermé·es la nuit dans les salles, se font phagocyter par les tableaux de Goya qu’ils et elles côtoient tout le jour. Leurs repères s’effritent peu à peu, leur lien avec le réel prend des formes saugrenues. Hanté par les Peintures Noires, chefs-d’œuvre de Goya, The Great He-Goat dénonce la violence aveugle et l’intoxication des esprits qui sont, de tous temps, comme une malédiction de l’Histoire. Sous le regard d’une enfant, les gardien·nes entrent dans la tête de Goya, deviennent ses monstres, ses obsessions, ses intentions troubles, ses ambiguïtés. Ce sont des mutants, embarqués malgré eux dans un monde qui leur échappe. À travers la mise en présence constante des gardien·nes et des figures goyesques, passé et présent se mêlent, s’entrechoquent, préservant, dans les situations les plus cruelles ou les plus absurdes, une humanité. Élucubrations, fantasmagories, sourdes manipulations, emportements, ils et elles recrachent de l’ombre une drôlerie bâtarde, leur seule force face à la débâcle annoncée. Les acteurs et actrices sont démultiplié·es par des figures marionnettiques qui leur ressemblent étrangement, au point qu’on ne puisse plus les distinguer les uns des autres. Par le truchement de prothèses, les corps se soulèvent, se délabrent ou se confondent, se jouent de la gravité et rejoignent ainsi ces figures assises dans le vide, ces combats perdus d’avance parce que le corps est incomplet, ces charniers où se mêlent blessés et cadavres, toutes situations qui foisonnent dans l’œuvre de Goya. Ce dernier, qui fut premier peintre à la cour d’Espagne, rompit avec ses ambitions sociales quand il produisit les Peintures Noires et commença à se pencher, avec une puissante compassion et une farouche drôlerie, sur les affres de la guerre, les abus de l’Inquisition, les superstitions aveugles, la stupidité du pouvoir. Chants et danses que le peintre a dû connaître en son temps imprègnent toute l’œuvre. The Great He-Goat donne à « entendre » le tableau, les matières vocales se rapprochant au plus près de la tonalité des peintures ou capables d’en faire émerger leurs intentions cachées.
Danse