Les violons de Bruxelles, quintet jazz manouche

Les dates

  • Quai de Scène Auvelais
    5060 Auvelais
    Namur

Information

Un peu partout dans le monde, la musique de Django Reinhardt est désormais célébrée, copiée, immortalisée, revitalisée. Trahie parfois. La plupart du temps, la formule instrumentale choisie pour ces hommages, ces « cover », ces relectures ou…ces trahisons, est celle du légendaire Quintet du Hot Club de France : un violon, une guitare solo, une ou deux guitares rythmiques et une contrebasse. Les violons de Bruxelles renversent cul par-dessus tête cette formule quasi sacrée dans l’univers de ce qu’on appelle à tort ou à raison le « swing manouche » : si la contrebasse est bien présente, pour le reste, la donne est carrément inversée : une seule guitare et… trois violons. Une formule délicate : la richesse du Quintet historique provient non seulement de la qualité de ses solistes (Django et Grappelli) mais aussi de l’incroyable puissance des guitares rythmiques, de la contrebasse et de cette fameuse pompe née de la rencontre du swing américain et des traditions roms.

Dans la configuration proposée par les Violons de Bruxelles, la texture harmonique et rythmique repose sur les seules épaules (heureusement solides) de Sam Gerstmans (contrebassiste tous terrains) et de Renaud Dardenne, seul guitariste de l’aventure, et tenu, dès lors, de jouer seul le rôle du soliste et du rythmicien. Un challenge souvent réussi. Il arrive que, force de l’habitude ou psychorigidité auditive, on se prenne à regretter l’absence de cette fameuse « section de guitares » (aussi radicalement efficace que l’étaient les sections de cuivres ou de sax des big bands jazz). Mais cette impression de manque est rapidement compensée par les avantages de la formule choisie. La présence de trois violonistes permet en effet de doter les ensembles d’un véritable travail polyphonique mais aussi d’offrir à l’improvisateur (qu’il s’agisse de l’un d’eux, du guitariste ou du contrebassiste) un accompagnement subtil et stimulant – harmonique mais aussi rythmique à travers l’utilisation du pizzicato. Par ailleurs, la personnalité contrastée des trois violonistes permet l’éclosion d’un kaléidoscope de styles, d’émotions et de swing : l’enracinement de Tcha Limberger (dont on appréciera aussi les talents de chanteur), la fougue de Renaud Crols et l’élégance d’Alexandre Tripodi se complètent d’autant plus idéalement que le répertoire choisi est lui aussi varié et contrasté : les compositions de Django (Place de Brouckère) alternent avec quelques standards swing (le superbe I’m confessin’), des compositions originales mais aussi des mélodies provenant d’autres galaxies musicales. Une vision nouvelle et originale de l’orchestre à cordes !

J-P Schroede

Concert